Art et Mode

25 janvier 2011

ART ET MODE

La Haute Couture a toujours été entremêlée avec des mouvements artistiques tels que l’art nouveau, le surréalisme, le dadaisme, le cubisme, et l’art abstrait. La mode emprunte l’imaginaire aux peintres. Cependant, art et mode sont de nature différente : l’art évolue dans le temps alors que la mode se démode. De plus, elle doit s’adapter au corps humain, de ce fait le vêtement ne peut pas être une œuvre entièrement libre.


Dans les années 1980, les stylistes japonais tels que Issey Miyake ont cherché à aborder des nouveautés à travers les coupes-concept : asymétries, manches gigantesques, mais ils se sont vus obligés à revenir à des formes plus conventionnelles, commerce oblige.  Les créateurs anglos-saxons comme Jean-Paul Gaulthier ou Karl Lagarfeld sont convaincus que la mode n’est pas de l’art. Cependant, la mode peut prendre une position aussi radicale que dans une démarche artistique, et de nombreux défilés sont de purs moments de création proposant un réel spectacle pour le public.

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Robe Homard de Elsa Schiaparelli


Ainsi, les couturiers s’inspirent des artistes. Par exemple, Hermès a produit une série limitée de carrés de soi à l’image des toiles de Josef Albers (du Bahaus).

Louis Vuitton a voulu apporter une touche ‘‘arty’’ à ses sacs en toile grainée en s’inspirant de Takashi Murakami : les modèles ‘‘mangas’’ ont connu un grand succès.

Nous pouvons également citer Elsa Schiaparelli qui a ironisé sur la notion d’élégance avec ses modèles : des vêtements inspirés du surréalisme de Salvador Dali témoignent d’une belle inventivité (sa robe-homard ornée d’un dessin de Dali).


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Robe Mondrian de Yves Saint Laurent


Il est indispensable de parler de Yves Saint Laurent qui a repris l’art de Mondrian pour ses robes en jersey en 1965.

Agatha Ruiz de la Prada, d’abord tentée par la peinture, s’est lancée dans le design avec pour majeure influence le pop art et l’art de Mark Rothko.

En revanche, en s’adaptant à un travail marketing, l’artiste couturier ne réduit-il pas son travail à une tendance ?


Qu’en est-il de ceux qui ne travaillent pas dans une perspective commerciale ?

Nous pouvons penser à Nicole Tran Ba Vang et ses robes qui déshabillent en exhibant ce qui est sous le vêtement : confusion entre le corps et le décor. Il y a également les créations oniriques de Diana Brennan qui recycle de vieux vêtements en les ornant et les ciselant, ou encore le vêtement-sculpture signé Paco Rabanne avec ses ‘‘12 robes importables en matériau contemporain’’ de 1966.


Nous pouvons ainsi avancer que le vêtement possède une nature artistique, mais non la mode, qui elle, est dépendante de l’art ainsi que limitée par la notion de tendance.



 

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Robes ''Lune'' de Diana Brennan



 

www.elle.fr

www.ina.fr

www.tendances-de-mode.com

L’art et la mode – Florence Muller

www.modefixe.com

www.ykone.com




Olivia Gardet

 

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ANTONIN PICAR-MONTAGARD, 23 ans : Executive Sales Agent chez WM

« La mode c'est l’expression de l’art de façon générale dans le présent. »

 

     Lundi 24 janvier 2010, dans une résidence rue d’Assas à Paris.

 

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- Qu’entendez-vous par la mode ?

A travers mon travail, la mode c’est bouquer un mannequin pour un défilé, faire travailler une célébrité pour un évènement d’une grande marque, organiser le showcase d’un artiste, superviser une équipe pour le shooting d’un catalogue… La mode pour moi c’est de mettre en relation un artiste pour un travail artistique, du photographe au maquilleur à la musique. La mode c'est l’expression de l’art de façon générale dans le présent.

- Est-ce que vous vous intéressez à l'art?

Oui bien sur, j’adore. Je suis passionné de musique classique et contemporaine, de photo, de peinture, je vais beaucoup au musée dans tous les pays que j’ai la chance de visiter, je vais au théâtre, à l’opéra, aux expositions, aux concerts depuis toujours.

- Quelle différence voyez-vous entre la mode (vestimentaire) et l'art?

Je vois la même différence entre mode et art que la différence entre un ouvrage et une œuvre... La mode n'est pas de l'art tant qu'elle est soumise à une quelconque restriction ou réalité monétaire ou utilisée dans un souci de convaincre. Les vrais artistes sont ceux qui ont choqué, ému, transgressé les codes établis ou excellé dans leur style dans n’importe quel art.

- Pouvons-nous donc dire que la mode est un art?

Etant donné que l’art peut être touchant, avoir une réelle valeur d’œuvre quand il transmet le temps dans le monde dans lequel il vient s’inscrire, alors oui, une robe désignée par un créateur avec toutes les spécificités techniques mélangées à l’émotion qu’il veut transmettre, c’est de l’art. Ce que je considère comme œuvre d’art c’est une idée intemporelle, c’est l’ensemble de ce qui la constitue qui te touche et je pense que ce qui conditionne l’appréciation ce sont les clefs qui vont te permettre de comprendre cet art: il n’est pas naturellement accessible à tout le monde. C’est pourquoi les vrais artistes sont ceux qui ont réussi à transgresser ces codes parce que justement, ils ont réussi à le faire avec la finesse de quelqu’un qui sait qu’il va transgresser. Pour revenir à la question, il est clair que quand les créateurs font de la haute couture, c’est de l’art, et le prêt à porter à grande échelle c’est un ouvrage. Mais cela ne conditionne pas le talent.

- Pour quels créateurs travaillez-vous?

Je travaille dans des styles qui vont de la haute couture au sportswear. Parmi ces créateurs figurent Comme des Garçons, Dim, Jacques Dessanges, Issey Miyake, Chanel.

- Quels créateurs considérez vous comme artistes ?

Jean Paul Gaulthier, Galliano, Yves Saint Laurent, Balmin.

- Quelle est votre aspiration majeure?

C’est de permettre à mes mannequins de faire les meilleurs jobs possibles avec les meilleurs photographes et designers, de produire des shootings avec les photographes les plus talentueux, et aller dans le plus de pays avec le plus de personnes qui partagent cette même passion que moi pour l’art dans la mode.

 

http://www.justwm.onsugar.com
www.justwm.com

Olivia Gardet.

 

 

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Sabina Socol- Journaliste de mode- Magazine Elle- Elève à l'Icart

"Une tendance peut très facilement basculer dans l'absurde sans cela. C'est ce qui fait que rien n'est désuet dans la mode."

Le 25 Janvier 2011


Quel est votre travail dans le magazine Elle?

Je suis journaliste de mode. Cela signifie que je suis chargée d'écrire les "news mode" (tout ce qui concerne les nouveautés dans le domaine de la mode, les nouvelles collections et tendances, expositions, etc.), de faire les "shoppings", ainsi que les streetstyle.



Pourquoi avoir choisi la Mode? Quelle est votre vision de la Mode? Préférez-vous la Mode vestimentaire à une autre telle que la décoration?

J'ai demandé à effectuer un stage chez Elle.fr dans le cadre de ma troisième année à l'Icart car je souhaite me diriger vers un master et une carrière de journaliste. Ce n'est donc pas la mode qui m'a attiré en premier lieu, mais plutôt elle qui est venue à moi, un peu par hasard. Cependant, mon choix de stage chez Elle n'est absolument pas un choix hasardeux, puisqu'il touche directement au domaine qui m'intéresse et s'inscrit dans la lignée de mon parcours (mon précédent stage à l'Icart s'était fait dans la revue Art Absolument).
Je pense que la mode de nos jours est surtout devenue une affaire consommation, et est trop prise au sérieux par certains, alors qu'elle devrait rester ce qu'elle était à la base: une manière de dévoiler une partie de la personnalité, et, surtout, un jeu. La mode n'a pas à être prise à sérieux car cela la dénature. Par ailleurs, le plus important est de faire preuve de goût. Une tendance peut très facilement basculer dans l'absurde sans cela. C'est ce qui fait que rien n'est désuet dans la mode.



Quel est le rapport de l'Art et de la Mode dans votre métier?

Le magazine Elle s'applique à mettre en lumière les jeunes créateurs, notamment dans la Haute Couture, mais aussi les débutants qui commencent au festival de Hyères. Je ne sais pas si on peut dire que l'art et la mode ne font qu'un dans le domaine journalistique, puisque malheureusement, il ne faut pas oublier que la mode est une énorme industrie qui s'inscrit dans une logique consumériste. Toutefois, le fait de suivre de jeunes créateurs dans l'élaboration de leurs collections avec tout ce que cela implique (main d'œuvre, source d'inspiration, etc.) prend une dimension totalement artistique et créatrice. Il y a également le travail des photographes lors des séances de mode qui est impressionnant de mise en scène et de créativité.



Comment départagez-vous chez Elle les nouvelles tendances des modes intemporelles?

C'est un lieu commun, mais la mode est un éternel recommencement. Une chose peut être dépassée voire obsolète et revenir sur le devant de la scène le lendemain. Nonobstant, les magazines de modes sont bombardés chaque saison par les marques qui leurs envoient des invitations aux présentations des nouvelles collections, et les "lookbooks" de leurs prochaine collection. Nous ne nous situons plus ici dans le domaine de l'art, mais plutôt dans celui de la communication.



Quel est le couturier actuel ou non qui vous semble être le plus "artiste" de tous?

La semaine de la Haute Couture est marquée cette année par de nouveaux venus à la chambre syndicale, dont les créateurs Christophe Josse et Gustavo Lins, qui ont un univers très particulier et construit.


Je vous remercie, bonne journée.


Flore Gautherie




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Evenement : SALON TAKE ME OUT

Le salon « Take me out » s’est, en quelques éditions, imposé comme un évènement incontournable en matière d’art et de mode.  Il se réunit le temps d’un week-end dans un espace convivial et moderne qui permet à chacun de s’y rendre et d’y trouver son bonheur. « Take me out » est un salon conceptuel d’un genre nouveau où, à travers les différents stands, si la mode est à l’honneur, on retrouve aussi art contemporain et musique branchée.


Tout au long du week-end ont lieu diverses animations : pique-nique, ateliers créatifs, périodes de découverte de certains articles, tatouage.
Les différents stands de mode que l’on retrouve sur ce salon sont tous des stands de créateurs, cela va du simple accessoire, du bijou à la robe de cocktail.


Le tarif d’entrée du salon étant très raisonnable (trois euros), « Take me out » se veut accessible à tous et son succès est d’ailleurs croissant. Ce salon a vraiment pour objectif de faire découvrir dans une ambiance festive de jeunes créateurs et artistes. Pour la dernière édition qui a eu lieu du 17 au 19 décembre 2010, les organisateurs prévoyaient la venue approximative de cinq mille visiteurs contre deux mille cinq cent à l’édition de mars 2010.  Il s’agissait de la cinquième édition en un an d’existence ce qui démontre l’engouement du public pour ce salon concept.  Le dernier salon a eu lieu au Trianon dans le 18ème arrondissement de Paris, un espace unique et vaste permettant aux visiteurs de s’y promener le plus agréablement possible.


Pour ce dernier salon, le programme était chargé et varié : outre le fait de se promener dans le salon et de flâner autour des stands, il y avait évidemment l’incontournable boutique « Take me out ». Par ailleurs, une exposition de photographie était prévue, réalisée par  Jérémy Dewez. Ensuite en cette période hivernale de l’Avent, il y avait un Sapin de Noel et pas n’importe lequel, celui de la « Mère Paulette » !


Parmi les différentes activités proposées il était possible de se faire tatouer, grâce à Inker tatoo.
Enfin, une exposition d’oeuvres d’art avait lieu, « L’art sans les dollars ». Le concept de cette exposition était très intéressant : chaque visiteur pouvait venir proposer une œuvre, un service ou une idée sortie de son imagination en échange des œuvres exposées. Parmi les artistes présents, on pouvait notamment retrouver Clément Goaguen, Kourtney Roy et Céline Barrère.


Un concert était également prévu aussi bien le samedi que le dimanche.
Le prochain salon « Take me out » aura lieu le week-end du 12 et 13 mars à La Bellevilloise dans le 20ème arrondissement.


J’espère que ce petit article vous aura donné envie de vous y rendre !


Fleur Davout d’Auerstaedt

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Interview de Marion Waterkeyn, 22 ans, modéliste chez Isabel Marant

Interview réalisée le 10 janvier 2011 au café Link avec un dictaphone

« Un créateur de mode s’inspire de l’art mais aussi de la vie en générale »


Pouvez-vous nous indiquer votre parcours ?

J’ai commencé par une première littéraire, je ne savais pas trop ce que je voulais faire, à la fin de cette année de première je me suis réorientée vers un bac technique, j’ai donc du refaire une seconde technique et j’ai choisi le modélisme, ce qu’il y avait de plus créatif. Après mon baccalauréat, j’ai fait deux ans d’un BTS de modélisme en alternance. J’avais donc deux jours de cours et trois jours en entreprise. La première année, j’ai effectué mon stage chez Nathalie Durrieux, une créatrice de robe de mariée et la deuxième année, j’ai commencé à travailler chez Isabel Marant. Ca s’est très bien passé et à la suite de mon stage ils m’ont embauché.


Pouvez-vous nous expliquer votre poste actuel ?

Dans une entreprise de mode, il y a vraiment plusieurs métiers. Tout d’abord il y a le créateur qui décide un peu de tout. Il donne tout d’abord du travail aux stylistes qui vont essayer de voir si ce qui leur est demandé est réalisable. Ils vont faire beaucoup de recherches sur les tendances, les coloris, les matériaux. Ensuite, il y a les modélistes dont je fais partie, qui prennent le croquis, l’analysent et l’exécutent en volumes. Pour faire ce modèle, on peut utiliser de la toile. On peut aussi travailler à plat sur des feuilles blanches ou en calques. C’est un travail beaucoup plus difficile car il faut connaître toutes les mesures, imaginer qu’en réalité c’est en volume, que des plis vont se former.
Tout doit être calculé. Ensuite, les modélistes peuvent coudre leur travail pour voir ce que ça donne.
Il faut aussi réaliser de nombreux tests tissus pour voir comment le tissu réagit, comment il va tomber.


Pourquoi avez-vous choisi  le milieu de la mode ?

C’est une envie qui est venu en un an, ça a vraiment été un déclic. J’ai commencé à créer des petites pièces, des vêtements que je réalisais entièrement moi-même. J’ai toujours été très manuelle mais à partir de ma première littéraire cela s’est beaucoup accentué. Ensuite j’ai concrétisé cette envie en faisant des études plus techniques et en choisissant le modélisme. Aujourd’hui encore, en dehors de mon travail je réalise des pièces de mode que je conçois entièrement. Aujourd’hui je ne pourrais pas m’imaginer travailler dans un autre milieu même si je trouve parfois que l’ambiance est difficile.


Considérez-vous que la mode soit un art ? Existe-t-il des vêtements que vous avez créés que vous considérez comme des œuvres d’art ?

La mode en soit en est certainement un mais il faut faire des distinctions. Le prêt-à-porter ne peut pas être considéré comme un art. Au départ, la mode est quelque chose d’utile. Ensuite, il y a la mode esthétique  qui est beaucoup plus extravagante. Cette mode-ci peut être considérée comme de l’art tout comme la haute couture. Selon moi, on peut aussi dire que la mode est de l’art quand il s’agit de pièces uniques. Tout le travail qui a été réalisé sur le vêtement peut également participer à faire de lui une œuvre d’art.
Je ne me vois pas qualifier mes pièces comme des œuvres d’art, la seule chose qui peut les en rapprocher est le fait qu’il s’agit de pièces uniques, comme le sont les robes photographiées.


Vous inspirez-vous de l’art pour confectionner des vêtements ?

Ca m’arrive assez souvent mais en fait un créateur va s’inspirer de tout ce qui l’entoure. Il peut s’inspirer des autres. Personnellement je pourrai m’inspirer d’un tableau ou plus récemment même d’une architecture. Pour la dernière pièce que j’ai réalisée je me suis inspirée d’une très jolie rampe d’escalier.


Quelle est votre ambition professionnelle ? Avez-vous des projets qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

J’ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : celui de faire défiler des femmes normales. Je souhaiterai  avoir comme mannequins des femmes de toutes tailles, de différentes couleurs de peaux, des femmes que l’on pourrait rencontrer dans la rue. Il ne faut pas oublier que c’est pour ces femmes que nous créons des vêtements, il faut donc qu’elles puissent se reconnaître, s’identifier dans nos créations. Je ne comprends pas du tout ce diktat de la mode de prendre comme mannequins des femmes maigres qui ne sont pas du tout représentatives de ce qui fait la féminité.


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Interview réalisée par Fleur Davout d’Auerstaedt

 

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Interview de Jean Charles de Castelbaljac


Le 12/01/11                                          

Enregistrement au dictaphone


                                              « La mode ne m’a jamais intéressée en tant que mode, elle m’a intéressée en tant que medium »

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Quel est votre définition pragmatique de l’art et de la mode?

Je pense que l’art est définitivement là pour poser des questions, troubler, pour interpeller.
Et la mode est là pour répondre à des questions, pour séduire, troubler aussi.


Quand et comment avez-vous commencé à voir que ces deux mondes à priori « différents »
Avaient des ponts, des sortes d’échanges ?

Je n’ai jamais considéré l’un sans l’autre. La mode ne m’a jamais intéressée en tant que mode, elle m’a intéressée en tant que medium, elle m’a intéressée pour monter sur scène, pour faire des performances, rencontrer des gens, et aussi pour troubler. Quand je fais un Manteau Ours dans les années 80, ce n’est évidemment pas un vêtement, c’est une provocation, c’est manifeste.


Ceci à commencé avec les robes-tableaux, peintes par Jean-Charles Blais, Robert Combas, Loulou Picasso etc.… en 1982 ?

Les tableaux sur les vêtements c’est venu très tôt. Mais ca n’a pas commencé avec ces robes. Ce décloisonnement a été omniprésent dans ma vie. Tout d’abord je n’ai pas commencé par la mode, j’ai commencé par créer des vitrines, je faisais pour gagner de l’argent un travail d’étalagiste, ou je présentais des choses totalement surréaliste dans des vitrines a limoges.
Ensuite j’ai fait de la mode, mais parallèlement je faisais des tableaux inspirés d’après des polaroids explosés. Donc tout était étroitement lié, simplement je pense qu’on voit mieux mon travail en perspective depuis qu’internet existe. Cette transversalité, ce décloisonnement qui est venu avec internet créé le grand tout en fait. Et votre génération c’est la génération du grand tout. Une génération qui ne se dit pas «
 Il est couturier, il est artiste, il est chanteur etc.. », en fait vous jugez sur une œuvre, une intention sur le talent de quelqu’un et ça, c’est la force de l’époque.

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Justement aujourd’hui vous avez des inspirations, des influences précises?

J’en ai au quotidien mais mon inspiration principale, c’est l’histoire en elle-même,
Mon histoire, ma quête, la dimension de mes peurs. J’aime tout ce qui est spectrale, fantomatique,
Le grotesque, l’absurde, les fantômes, ce qui m’interpelle, tout ce qui est de l’ordre de la trace. Ce sont mes principales sources d‘inspiration. Là, par exemple je suis très excité, j’ai été sollicité par la MAC de Créteil, la maison des arts et de la culture qui chaque année fait un festival qui s’appelle
 «Exit« . L’an passé c’était Philip Starck avec Soundwalk, l’année précédente Sébastien Tellier et Xavier Veilhan, puis il y a eu Koudlam avec Cyprien Gaillard. Et, en mars prochain c’est Nouvelle Vague et moi. Chaque année, un plasticien qui met en scène un musicien
Pour le 18 Mars je vais faire quelque chose de totalement stérile, cela s’appelle «
 Ceremony », et j’adore ! Je m’amuse beaucoup dans la scénographie avec Nouvelle Vague. C’est de nouveau une manière de me mettre en danger et c’est-ce qui me plait dans l’Art.

Que pensez-vous avoir créé, dans ce domaine? Quelque chose d’exceptionnel que personne d’autre n’aurait fait dans le passé ?

J’ai beaucoup de mal a évoquer mon passé. Je préfère cette nouvelle turbulence ce nouveau trouble qui est en train de naitre en moi. Hier j’étais à la MAC de Créteil, j’ai vu cette scène de 750m2, comment rendre vivant un groupe de cinq personnes sur un terrain de football, j’adore ça en fait.
En dehors de cela j’ai eu des expériences exceptionnelles et des rencontres exceptionnelles toute ma vie
. J’ai eu la chance d’être proche de Basquiat, de Warhol et bien d’autres. Donc c’est plutôt les rencontres dans ma vie qui m’interpellent que ce que j’ai fait, et peut être aussi d’avoir participé à la révélation de jeunes talents a qui j’ai donné un coup de pouce.

Pouvez-vous me parler du relooking de la statue d’Henry IV, «Astronomy Domine» ?

On vit dans une ville à la beauté banalisée, il ya tellement de beauté partout qu’on ne la voit même plus !
Lorsque Fréderic Mitterrand m’a demandé d’intervenir pour le 400eme anniversaire de la mort d’Henry IV, j’ai tout de suite vu ce phare cet endroit incroyable dans paris, comme une pierre angulaire de la capitale.

Vous avez donc voulu mettre en lumière une disparition comme le faisait Christian Boltanski ?

C’est ce que je vais faire avec Nouvelle vague. J’ai voulu Cristalliser, j’ai voulu soudain lui donner une dimension interstellaire, cosmique, qui soit certes dans la ville mais qui nous emmène dans une dimension astrale, c’est comme ça que j’ai commencé ce travail de cristallisation. Je vais continuer d’ailleurs, j’ai un projet à Lyon autour de la statue de Louis XIV place Bellecour et puis j’ai très envie de cristalliser notre chère Jeanne d’Arc place des Pyramides. Cela la restituera à une mémoire collective et pas juste a l’intérêt de quelques-uns.
Mon plus beau compliment fut qu’au bout de quelques semaines, les gens appelaient la statue d’Henry IV cristallisée «
 H4P9« . Un peu comme un vaisseau spatial.

Toujours pour parler de votre échange avec l’art, comment s’est passé le travail avec le dessinateur Artus de Lavilléon lorsque celui-ci illustra votre biographie?

Arthus fait partie de ma bande et on s’est compris tout de suite. J’avais remarqué son travail de fanzine et un jour je lui ai demandé qu’il m’en apporte un. Il est venu au bureau et je me suis dit son travail est génial, il faudrait un sujet que l’on puisse développer ensemble. Je lui ai demandé de faire ma biographie en bande dessinée. Casterman a accepté l’idée et Artus a donc fait ce superbe travail. On est parti dans ce projet, puis ensuite il y avait mon exposition « Gallierock » au musée Galliera dont il a fait l’affiche. On est toujours proche, c’est un garçon que je trouve très touchant, il y a du sens, de l’authenticité de l’émotion chez lui.

Donc Depuis Warhol est Basquiat vous avez continué à vous entourer de personnes du milieu de l’art finalement, Arthus en est la continuité.

Je m’entoure de gens comme moi au final. Je retrouve le même état d’esprit. Ce que j’aime chez les artistes c’est qu’ils ont construit sur leurs blessures. Ils n’ont pas renoncé, ils n’ont pas succombé. On a tous des blessures lorsque l’on est enfant, et les artistes transforment ces blessures en créativité, en acte fort.

Ma dernière question est la suivante, où puis-je trouver le prochain « Ange » que vous dessinez à la craie dans tout paris ?

Oh, il y en a tellement! J’ai fait une invasion depuis quelques temps. Beaucoup se trouvent rue de Castiglione dans le prolongement de Jeanne d’arc. A Saint Roch il y a toujours des anges Saints rock’n’roll. Actuellement il yen a plus d’une centaine.

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Sont-ils toujours de vous ou ya-t-il des plagiats de mains inconnus?

A ce jour je suis quasi sûr qu’ils sont tous de moi. En revanche il y a un garçon qui me suit maintenant depuis six ans et qui dessine à coté de mes anges des diables à la craie rouge. Je trouve ceci très intéressant car selon moi le diable n’est pas un ennemi c’est un adversaire.
 
Un petit mot pour conclure peut-être?

Voila donc tout cela c’est mon processus, je ne dissocie pas l’art de la mode. Aujourd’hui tout est transversal, mes défilés sont des installations, actuellement je prépare ma prochaine exposition qui s’appelle « La noblesse de l’échec » donc je continue et c’est passionnant. Je vous donne rendez-vous à la MAC de Créteil le 18 Mars prochain pour le festival Exit. J’ai mené la direction artistique de l’affiche en collaboration avec le photographe Mathieu César, encore une révolution !

 
 
Références WEB :
http://www.jc-de-castelbajac.com/
http://www.maccreteil.com/
http://artusdelavilleon.com/
Page facebook du photographe Mathieu César
http://www.facebook.com/people/Mathieu-Cesar/100000087020773


Sophie Colombani
 
 

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